Expert·Cafard
Guide nuisible · 03/09

Blattes et cafards : le guide complet de l'expert

Un cafard aperçu le soir, c'est un foyer caché tout près, au chaud et à l'humidité.

Blatte

Guide 03

Blattella germanica

L'essentiel

En appartement comme en restaurant, le cafard le plus fréquent est la blatte germanique (Blattella germanica) : 10 à 15 mm, brun clair, deux bandes sombres derrière la tête. Elle vit en colonies cachées près des sources de chaleur et d'eau, se reproduit vite et transporte des germes. La traiter durablement suppose d'abord de localiser ses foyers, puis de poser un gel appât ciblé et de contrôler le résultat avec des pièges témoins.

Quatre espèces se partagent les logements et les commerces d'Île-de-France. La blatte germanique, de loin la plus courante, colonise cuisines et salles de bains. La blatte orientale, brun très foncé à noire, plus grosse et plus lente, préfère les caves, les locaux poubelles et les rez-de-chaussée humides. La blatte américaine, jusqu'à 4 cm, brun-roux, fréquente les réseaux, les sous-sols chauffés et les grandes cuisines. La blatte rayée, plus petite et barrée de deux bandes claires, s'installe dans des pièces plus sèches : chambres, derrière les cadres, dans les appareils électroniques.

Pourquoi la cuisine ? Parce qu'elle réunit ce qu'il faut à une blatte : de la chaleur (moteurs de réfrigérateur, lave-vaisselle, four, chauffe-eau), de l'eau (siphons, joints d'évier, condensation) et des miettes. Le jour, la colonie se tasse dans des fentes de quelques millimètres : charnières de meubles, dessous de plan de travail, plinthes, gaines techniques. On n'en voit qu'une petite partie, et presque toujours la nuit.

La femelle de blatte germanique porte sa capsule d'œufs (oothèque, une trentaine d'œufs) accrochée à son abdomen presque jusqu'à l'éclosion. Les œufs restent ainsi à l'abri de la plupart des produits, et une nouvelle génération peut apparaître quelques semaines après un traitement trop superficiel. Selon la température, une larve devient adulte en environ deux mois : une population peut donc s'étoffer très vite.

Les bombes et fumigènes vendus en magasin dispersent souvent la colonie au lieu de l'éliminer : les blattes fuient vers les pièces ou les appartements voisins. Certaines populations ont aussi appris à éviter des appâts mal choisis ou deviennent moins sensibles à des insecticides utilisés de façon répétée. D'où notre règle : repérer les foyers avant de traiter, alterner les matières actives et vérifier le résultat avec des pièges témoins.

Repérer la présence des blattes

  1. 1Petits points noirs, comme du marc de café ou du poivre moulu, dans les charnières, les coins de placards et derrière les appareils.
  2. 2Capsules d'œufs brunes et vides (environ 8 mm), mues claires et insectes morts sous les meubles.
  3. 3Cafards qui filent vers une fente quand on allume la lumière la nuit, surtout près de l'évier et du réfrigérateur.
  4. 4Jeunes blattes très petites, sans ailes, visibles en journée : signe d'une colonie déjà dense.
  5. 5Quand la colonie est importante, une odeur aigre et tenace imprègne les placards.
  6. 6Traces sombres autour des petites ouvertures où la colonie se réfugie.

Niveau de nuisance

Repère indicatif établi par nos techniciens, de 1 (modéré) à 5 (fort).

Santé
4/5
Dégâts
1/5
Prolifération
5/5

Pourquoi agir

  • Transport de germes sur les pattes et le corps (dont des salmonelles), déposés sur les plans de travail, la vaisselle et les aliments.
  • Allergènes contenus dans les déjections et les mues, reconnus comme facteur d'asthme, en particulier chez l'enfant.
  • Propagation d'un appartement à l'autre par les gaines, les colonnes d'eau et les vide-ordures : un traitement isolé dans un immeuble touché donne des résultats fragiles.
  • Pour un commerce de bouche ou un restaurant : non-conformité lors d'un contrôle sanitaire et atteinte à la réputation.
  • Stress et gêne au quotidien, notamment pour les locataires qui arrivent dans un logement déjà infesté.
Protocole Repère

Notre intervention, en quatre temps

  1. 01

    Repérer

    Repérer : inspection lampe en main des zones chaudes et humides (moteurs d'électroménager, dessous d'évier, plinthes, gaines, faux plafonds), identification de l'espèce, pose de pièges témoins collants et carte des foyers.

  2. 02

    Traiter

    Traiter : désinsectisation ciblée au gel appât, déposé en petits points dans les fissures où vit la colonie, complété selon le cas par un régulateur de croissance, une pulvérisation localisée ou la vapeur sèche ; pas de traitement en nappe inutile dans les pièces de vie.

  3. 03

    Contrôler

    Contrôler : visite de contrôle prévue au protocole pour atteindre les jeunes sortis des capsules d'œufs, relevé des pièges témoins, ajustement du produit ou des points de gel si une activité subsiste.

  4. 04

    Prévenir

    Prévenir : rapport photo envoyé par e-mail, rebouchage des passages (joints, gaines, siphons), conseils d'hygiène et de rangement, pièges témoins laissés en place pour une vigilance active.

Les bons réflexes au quotidien

Ce que vous pouvez faire pour limiter le risque d'une nouvelle installation.

  • Ne laisser ni vaisselle sale, ni miettes, ni gamelle pleine pendant la nuit.
  • Réparer les fuites, sécher l'évier le soir et mettre un bouchon sur les siphons peu utilisés : l'eau attire autant que la nourriture.
  • Sortir les poubelles chaque soir et utiliser une poubelle à couvercle.
  • Déballer les cartons de livraison ou de déménagement à l'extérieur de la cuisine, et inspecter l'électroménager d'occasion avant de l'installer.
  • Reboucher au silicone les fentes autour des tuyaux, derrière les plinthes et sous le plan de travail.
  • Après un traitement au gel, éviter de nettoyer les points de gel et de pulvériser un insecticide à côté : cela rendrait l'appât moins attractif.

Vos questions

Cafard et blatte, est-ce la même chose ?

Oui. « Cafard » est le nom courant, « blatte » le nom employé par les professionnels. Les deux désignent les mêmes insectes ; ce qui compte pour le traitement, c'est l'espèce, car chacune a ses cachettes et ses habitudes.

Combien de temps faut-il pour voir un résultat ?

Avec un gel appât bien placé, l'activité diminue en général nettement dans les deux à trois semaines. Le protocole recommande deux passages : la visite de contrôle vise les jeunes nés des capsules d'œufs après le premier traitement.

Dois-je quitter mon logement pendant l'intervention ?

Pour un traitement au gel, non : le produit est déposé en petites gouttes dans les fentes, hors de portée des enfants et des animaux. Si une pulvérisation localisée est nécessaire, nous vous indiquons la durée d'absence et d'aération.

Avoir des cafards, est-ce un problème de propreté ?

Pas nécessairement. Les blattes arrivent souvent avec des cartons, des sacs de courses, un appareil d'occasion ou par les gaines d'un immeuble. Une cuisine bien tenue freine leur installation, mais ne suffit pas à éliminer une colonie déjà présente.

Pourquoi les bombes insecticides ne suffisent-elles pas ?

Elles touchent surtout les insectes visibles, pas ceux qui sont cachés dans les fentes ni les œufs protégés par leur capsule. Elles peuvent aussi faire fuir la colonie vers d'autres pièces ou chez les voisins.

Tout l'immeuble est touché : que faire ?

Un traitement coordonné des logements concernés et des parties communes (gaines, vide-ordures, locaux poubelles) donne de meilleurs résultats. Nous intervenons pour les particuliers comme pour les syndics et les bailleurs.

Combien coûte un traitement contre les cafards ?

Le prix est affiché TTC avant la réservation et dépend de la surface ; il démarre à 150 € TTC pour le premier passage. Le paiement se fait en ligne avant l'intervention, et le rapport photo vous est envoyé par e-mail le jour même.

Des blattes dans votre logement ou votre commerce ?

Appartement, maison, restaurant, boutique ou bureau : tarif TTC affiché avant de réserver, plage de 2 heures, rapport photo le jour même et conseils pour limiter le risque de retour.